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Luscor, Les habitants de la mer, Albin Michel, 1928

Le 22/12/2021 0

J’avais déjà évoqué la place des illustrateurs dans la littérature pour enfant dans un article dédié aux albums du Père Castor.

Dernièrement, j’ai découvert Les habitants de la mer.

La couverture n’est pas de toute première fraîcheur mais il est assez rare de trouver ce type de livres en superbe état…

Littérature enfantine italienne

La littérature enfantine italienne nous a laissé le fameux Pinoccio (Colodi) immortalisé pour des générations de jeunes spectateurs par Walt Disney. Voici une création venue également d’Italie, intéressante, à mes yeux, moins par la qualité du récit que par ses illustrations influencées par un mouvement artistique méconnu en France et qui, pourtant, a marqué l’histoire de l’édition pour la jeunesse au tout début du XXe siècle : l’Arts & Crafts.

Little Nemo ou Solotareff ?

Personnellement, je me reconnais dans ce style. Certes, me direz-vous, il y a plus novateur que cela mais le style minimaliste des dessins pour enfants d’aujourd’hui m’exaspère. On considère que les très jeunes lecteurs ne sont  capables de ressentir des émotions esthétiques par le dessin que s’il est tracé dans la force élémentaire du trait et empli de vastes à-plats de couleurs criardes. Mais bon, pas de polémique, je vais encore passer pour un réac’ ! Disons que je suis plus Little Nemo que Solotareff…

in-texte

Jetons un coup d’œil aux illustrations en noir et blanc in-texte : le personnage principal nommé Minno est un jeune hippocampe qui accompagne un petit enfant, Corallino, dans son voyage sous la mer. Ce dernier s’est réveillé dans ce nouvel environnement sans se rappeler de ses origines terrestres.
Ce récit initiatique est doublé d’une visée didactique car des appels de notes renvoient en bas de page à des informations relatives aux caractéristiques des animaux que les héros affrontent lors de leur parcours.

Couleurs ou traits ?

L’ouvrage contient quelques planches en couleur, en voici une. Mais les illustrations étant de médiocre facture, elles perdent toutes leurs qualités graphiques.

Topos

Dans l’épilogue, (le récit est enchâssé dans le témoignage d’un jeune pêcheur prologue-épilogue) le lecteur n’assiste pas au retour de Corallino chez lui, auprès de sa mère, dans l’île Fleurie. Mais, il apprend qu’une hirondelle porteuse de message est venue indiquer le chemin « vers la petite maison qui l’attendait là-bas, là-bas, sur les rochers ».

Dans la mythologie des sirènes comme dans la littérature et le cinéma fantastique d’aujourd’hui, la vie d’hommes ou de créatures marines hybrides sous la mer est un topos qui n’a jamais perdu de sa vitalité auprès des lecteurs de tous âges. La mer a toujours fasciné les terriens que nous sommes.

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