Vrai medecin des pauvres

Carnet miraculeux

Le 08/05/2021 0

Jadis, dans les campagnes, il fallait se soigner sans médecin. Le docteur était appelé seulement en cas d’urgence et en dernier recours lorsque tous les remèdes traditionnels avaient échoués. Bref, quand la maladie était trop avancée et les symptômes trop graves donc, trop tard…
C’est pourquoi certains de nos anciens, pas forcément doués de dons de guérisseurs, possédaient un carnet de recettes secrètes et de prières afin de se soigner ou de « barrer le mal ».

Carnet de prières et remèdes - manuscrit anonyme, circa 1950, région du Gâtinais (Loiret)

 Ce carnet datant des années 50 nous laisse penser que ces pratiques ont perduré dans les milieux ruraux bien plus longtemps qu’on ne l’imagine (malgré l’instruction "éclairée" de la République et la diffusion des disciplines scientifiques).

Le possesseur du carnet a sans doute recopié des extraits d’un ouvrage religieux édité au niveau régional (voir bas de la page photographiée). La préface, marquée par la doctrine catholique, fut recopiée très soigneusement.

Brosse d ornement1

En page suivante débute une oraison censée éloigner des maladies telles que le choléra ou le typhus et « toute espèce de contagion ». Preuve, s’il en est, de la foi de nos ancêtres, démunis mais non résignés, face à des épidémies meurtrières.

Brosse d ornement1

Quelques pages plus loin, on peut découvrir un classique de la médecine populaire : la prière contre les brûlures avec l’action magique du souffle, du geste de barrage (croix) et, enfin, la prière à réciter (ici, cette version christianisée invoque Saint-Laurent, martyr qui mourut sur un gril).

Brosse d ornement1

Après avoir noté un remède de médecine de grand-mère permettant de blanchir les dents (Pourquoi nos aïeux ne se fussent-ils pas, comme nous, souciés de leur apparence ?), le possesseur du carnet a recopié une oraison pour soigner le "chancre des vaches".
Le cheptel fait partie du capital d’une exploitation agricole et les bovins souffraient aussi de maladies contagieuses dont il fallait stopper la progression (tuberculose bovine).
Alors oui, jadis, les paysans se préoccupaient de la santé de leurs bestiaux. Ici, c’est Saint-Blaise, ami des animaux sauvages et saint patron des bouviers, qui est invoqué.

Brosse d ornement1

Au fil des pages, le lecteur d’aujourd’hui, amusé ou atterré, lirait des recommandations (qui tiennent en quelques lignes) permettant de lutter contre le cancer, les « humeurs froides », expression qui désigne les abcès ou les tumeurs (la théorie des humeurs nous vient de la médecine antique, théorie qui eut cours pendant tout le Moyen Age en France).

Ne nous moquons pas de la crédulité de nos ancêtres. Ne les prenons pas en pitié. A l’heure où une pandémie mondiale frappe les pays « civilisés et industrialisés », quelles attitudes adopterions-nous, nous hommes et femmes du XXIe siècle, face à l’épidémie de COVID sans le secours des vaccins et des services de réanimation de nos hôpitaux ?

Ajouter un commentaire

Anti-spam