Poèmes pour la postérité et papiers de famille (fin)

Le 18/06/2022 0

Après avoir regroupé les informations sur les patronymes, reconstituons l'identité du poète et rendons-là à son recueil...

Les noms (suite)

Maintenant, intéressons-nous à son mariage. Nous savons déjà, d’après un poème, que son épouse est morte en 1928 après 35 ans de vie commune. De plus, en général, nos ancêtres se mariaient autour de 25 – 27 ans. Commençons donc nos recherches dans les tables décennales entre 1893 et 1902 (date limite). Mais par quelle commune commencer ? Où a-t-il pu se marier ? A Sotteville-les-Rouen ? Puisqu’il semblerait, d’après les informations réunies au fil des pages du cahier, qu’il y demeurait en 1933. Rien à Sotteville. Alors sans doute à Cressy où Eugène Levasseur passa son enfance.

Effectivement, dans les tables décennales de l’état civil de Cressy, nous trouvons bien un mariage entre Arsène Eugène Levasseur et Louise Marie Maillard le 16 octobre 1893. Il ne reste plus qu’à consulter l’acte. Auparavant, nous en profitons pour vérifier si aucun enfant ne naquit de leur union (à Cressy du moins) jusqu’en 1902 (donc au bout de 9 ans de mariage). C’est négatif.

Table
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Les noms (fin)

Dans l’acte N° 10 nous apprenons que notre poète était alors commerçant, domicilié à Menil Panneville (Pavilly), qu’il était encore mineur, ses parents « feu » et « feue » étaient déjà morts. Son épouse, née le 29 mai 1867 était originaire de Cressy. Son père se nommait Emmanuel Constant Maillard et, sa mère, Aimée Joséphine Allain. Un contrat de mariage fut déposé auprès de Me Alfred Beaurain. En l’absence de son père, c’est l’oncle d’Eugène Levasseur , Charles Levasseur (74 ans), qui représente l’autorité paternelle (il fut sans doute son tuteur). Le frère de l’époux, Léon, 41 ans, est également témoin.

Restitution

Ainsi pouvons-nous imaginer la personnalité de ce poète local : Eugène Levasseur.

De condition modeste, cet artisan devint poète sur le tard. Esseulé, veuf et sans descendance, il se souvint de sa tante, mère de substitution, qui s'occupa de lui après la mort de ses parents. Elle l'éleva, le maria, et fut une source d'inspiration pour le poète.
Marqué par la vie et sans aucun doute sensible au malheur des autres, il confia son oeuvre à la branche cousine de sa famille. son chaier-testament est arrivée par hasard entre mes mains. Il me semble, après une rapide recherche, que jamais ses poèmes ne furent édités.

Couv

Une dernière question avant de conclure ce long article : quel était donc le métier de notre poète-artisan ? Aucun détail dans les actes de l’état civil ne nous a renseignés. Par contre, si on relit la présentation précédant le poème « Jours de mélancolie », on remarque le passage suivant : après avoir tiré allégrement le ligneul. Cette vieille expression désignait les hommes dont le métier était de coudre le cuir avec un fil enduit de poix. A en croire le journaliste, Eugène Levasseur fut sans doute cordonnier ou bourrelier.

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